Indicateur 9 : Femme, Paix et Sécurité

Femme et défis sécuritaires : implication positionnement et contribution

Au Sénégal, en particulier en Casamance, les organisations féminines sont actives au niveau informel pour contribuer aux efforts de paix et de reconstruction, mais leur influence et leurs actions demeurent très limitées, notamment vis-à-vis des autorités gouvernementales et étatiques. Cependant la nomination d’une femme à la tête du Haut Conseil du Dialogue Social et la représentation non négligeable des femmes sont à saluer. Toutefois les systèmes d’alerte et de prévention des conflits reconnus ont jusque-là un faible taux de participation des femmes.

Présence des femmes au niveau des FDS

Depuis 2006, avec l’admission de jeunes filles à l’école de la gendarmerie, les Forces armées sénégalaises ont entamé un recrutement élargi qui sera poursuivi avec l’accueil de personnels féminins au Centre d’instruction de Saint-Louis en 2008. Ce qui indique que le Sénégal est en train de fournir des efforts significatifs en matière de réduction des inégalités de genre, conformément à ses engagements régionaux et internationaux. Des réformes institutionnelles ont été entreprises tant sur le plan juridique que politique, telle la constitutionnalisation de l’égalité des femmes et des hommes en 2001. À ce titre, l’intégration des femmes dans tous les corps des forces armées répond aux orientations des Nations Unies et des États membres pour assurer l’égalité des hommes et des femmes dans tous les domaines et plus spécifiquement dans le secteur de la paix et de la sécurité.

Toutefois, il a été constaté qu’une véritable politique de sécurité nationale intégrant le genre est loin d’être réalisée dans au Sénégal, malgré les nouvelles législations et les politiques adoptées pour une bonne promotion de l’égalité des genres. Cette note de politique fait état des forces et des faiblesses de l’incorporation des femmes dans les forces armées sénégalaises.

C’est en 2006 et en 2008 respectivement, pour la gendarmerie et l’armée, que l’on assiste à l’ouverture générale aux femmes, due à une volonté politique du chef de l’État. Il est important de préciser que leur entrée dans le secteur repose sur une volontariste. Cependant, en dehors de la fascination de l’uniforme, la conjoncture économique, le chômage ont poussé certaines filles à intégrer les forces armées étant donné qu’elles sont de grandes pourvoyeuses d’emploi. En ce qui concerne le profil des femmes dans les forces de défense et de sécurité, proportionnellement à leur effectif, les militaires sont plus jeunes que les gendarmes.

Les cadres juridiques et réglementaires des forces armées sénégalaises ont été élaborés il y a plusieurs années. Ces cadres ne prennent pas en compte les sexo-spécificités. C’est pourquoi il est important de mettre à jour les textes à la lumière des préoccupations des femmes. Les femmes, même si elles peuvent exercer les mêmes professions que les hommes, gardent une spécificité qui est la maternité, une fonction sociale tout aussi importante pour la société que celle d’agent de sécurité. Aucune disposition spéciale n’est prévue pour leur congé de maternité et la garde des enfants dans les forces armées. Toutefois, des efforts sont en train d’être faits au niveau de la gendarmerie par exemple qui a initié un projet d’installation d’une crèche pour soulager les préoccupations des agents femmes.

Présence des femmes dans missions de Paix

À la fin de 2017, le DOMP (Direction des Operations de Maintien de la Paix) a demandé aux États membres de concrétiser leurs engagements de doubler le nombre de femmes dans les contingents militaires et policiers dans les opérations de maintien de la paix de l’ONU d’ici 2020, y compris en déployant, au minimum, 15 % de femmes dans les postes d’officiers d’état-major et d’observateurs et 20 % de policières. La proportion de femmes militaires déployées est d’environ 4 % et n’a pas augmenté considérablement depuis la fin de 2009. Le pourcentage de policières déployées est d’environ 10 % et n’a pas augmenté considérablement depuis 2010. En raison de la plus grande représentation de policières comparativement au reste du personnel en uniforme dans les opérations de maintien de la paix, la taille du contingent de police semble être déterminante pour la proportion totale de femmes dans les opérations de maintien de la paix. En nombre absolu, les soldats membres de contingents représentent la plus grande contribution parmi les quatre catégories de postes, mais les femmes ne représentent que 3,3 % des soldats déployés par les 22 plus grands pays contributeurs y compris le Sénégal. Cela indique qu’il existe de grands obstacles à la participation des femmes dans les contingents militaires.

Entre autres recommandations, nous proposons le renforcement de la formation avant le déploiement, le renforcement du nombre de femmes membres des missions de paix, ne pas changer les missions pour lesquelles elles sont destinées une fois en zone de déploiement. Cependant il convient de saluer la désignation de la Capitaine Rokhaya Lo de la Gendarmerie comme Commandant de la 2éme FPU déployé en République Démocratique de  Congo

Femmes : actrices et vectrices de conflits

En l’absence de données et d’études sur l’implication des femmes dans le conflit au Sud du Sénégal, il est difficile d’établir leurs rôles et responsabilités dans le conflit. Cependant on a noté une empathie de certaines femmes pour la cause que défendent les séparatistes.

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