Indicateur 8 : Protection

Protection des droits fondamentaux des femmes et des filles

L’institutionnalisation du genre dans les administrations publiques est appréhendée à travers son intégration dans les politiques publiques de développement entreprises par le Gouvernement, les Institutions et le secteur privé. Les résultats suivants ont été enregistrés :

  • l’institutionnalisation du genre dans les administrations publiques qui a connu des avancées significatives avec la création des Cellules Genre et Equité dont la proportion est passée de 78,12% en 2019 à 90,62% en 2020, ce qui facilite la prise en compte du genre dans les administrations en vue de corriger les inégalités ;
  • le Projet d’Appui au système d’élaboration, de suivi et d’évaluation des politiques publiques sensibles au Genre (PASEMEPP/ 2018-2021) dont l’objectif est de contribuer à l’atteinte de l’ODD5. Ce projet a permis l’expérimentation de l’Indice d’autonomisation de la femme (IAF) au niveau du ministère de l’Agriculture et de l’Équipement rural et au ministère de l’Emploi, de la Formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’insertion. Ce projet a permis également le renforcement de capacités de 40 cadres de l’administration sur le calcul de l’IAF ainsi que l’adoption d’un guide d’évaluation d’impact selon le genre au niveau du Bureau opérationnel de suivi du PSE (BOSSE) ;
  • la réalisation d’une étude sur l’impact socioéconomique de la Covid-19 selon le genre : cas du Sénégal, dont les résultats ont révélé les effets différenciés de cette crise sanitaire chez  les hommes et les femmes ;
  • l’installation de la Cellule genre et équité du Ministère ;
  • la mise en place du Cadre d’orientation et de concertation des cellules genre et équité et l’adoption d’un guide méthodologique de mise en place des cellules genre et équité ;
  • l’élaboration de fiche de contrôle et de vérification de l’intégration du genre à toutes les étapes des interventions ;
  • l’adoption de la Stratégie École des Maris et du Manuel de formation destiné aux pairs maris, bajenu gox et autres acteurs communautaires ;
  • l’adoption du 2ème Plan d’Action National de la Résolution 1325 sur les Femmes, la Paix et la Sécurité ;
  • l’appui-conseil en institutionnalisation du genre (audit et renforcement de capacités) dans 9 ministères ;
  • le lancement du Projet « Les femmes comptent » qui marque les jalons de l’institutionnalisation des statistiques sensibles au genre.

Violences symboliques

On note une liberté d’expression, d’appartenance du citoyen dans le pays cependant il faut signaler quelques dérives liées à la subsistance du patriarcat et de certaines normes sociales qui font obstacles à l’application effective de dispositions favorables aux femmes exemple de la loi sur a parité.

Personnes déplacées internes

Les personnes déplacées internes au niveau national concernent surtout la zone touchée par le conflit au sud du pays. On estime qu’en 2010 le nombre total de personnes déplacées internes en Casamance est compris entre 10 000 et 40 000. La grande majorité des personnes déplacées internes ont cherché refuge auprès de leur famille, d’amis et des communautés d’accueil.

Conformément aux tendances des migrations des zones rurales vers les zones urbaines, de nombreuses personnes ont trouvé refuge à Ziguinchor, la plus grande ville de Casamance.

Le nombre de personnes déplacées internes ayant trouvé refuge dans la ville serait compris entre 10.000 et 14.000.

Des mouvements de retour massifs ont également été observés depuis 2008. Des données empiriques montrent que de nombreuses personnes déplacées souhaitent rentrer chez elles mais il n’y a pas eu d’évaluation de leurs intentions. Il n’existe pas non plus beaucoup de données sur le nombre de personnes qui ont réussi à s’intégrer localement, se sont installées à proximité ou ailleurs dans le pays.

Dans les zones de retour, les séquelles de ce long conflit ont continué à entraver la réinsertion durable des personnes déplacées internes. Les infrastructures et les services restent limités, et la présence de mines antipersonnel empêche le retour à l’agriculture.

Des opérations humanitaires de déminage à large échelle ainsi que l’accès accru aux services sociaux de base et l’inclusion des revendications territoriales dans les programmes de reconstruction sont nécessaires pour envisager des retours durables.

Des partenaires au développement tels que les Etats Unis ont également financé un projet dénommé Shelter for Life qui a permis la mise en œuvre d’activités de réintégration dans la région de Ziguinchor au cours des trois dernières années ‘2018, 2019, 2020), touchant 8 775 personnes. La quatrième phase du programme de Shelter for Life se poursuivra dans le département de Goudoump, dans la région voisine de Sédhiou. On note que les femmes ont contribué au plaidoyer pour le retour dans les villages d’origine et  aux opérations de déminage.

Par ailleurs, selon un recensement effectué entre 2019 et 2020 par l’équipe régionale de la NDMA et la Croix-Rouge gambienne, les chiffres suivants ont été enregistrés :

  • 87 familles touchées et enregistrées
  • 187 enfants de moins de 5 ans
  • 308 enfants âgés de 6 à 18 ans
  • 324 adultes âgés de 19 à 65 ans
  • 56 personnes âgées (65 ans et plus)

Le nombre total de personnes déplacées est de 961, les enfants étant plus nombreux que les autres catégories d’âge, car certains enfants se sont déplacés avec des familles voisines tandis que leurs parents ont décidé de rester sur place pour protéger leurs biens, en particulier les hommes chefs de famille. Il est important de noter que toutes les personnes déplacées enregistrées jusqu’à présent sont des Gambiens et qu’elles résidaient dans la zone frontalière entre la Gambie et la Casamance. Bien qu’un bon nombre de membres de familles aient déménagé dans les régions de Kombos et de Lower River, il y a toujours un défi majeur à relever pour assurer la prise en charge quotidienne de ces familles. En outre, il a été constaté que la plupart des familles d’accueil sont dépassées en termes de prise en charge pour les personnes déplacées. Bunginga accueille le plus grand nombre d’IDP (Personnes Déplacées Internes), car 25 familles vivent toutes dans une propriété privée.

Une analyse de la situation des femmes et du faible taux de femmes retournée dans leurs villages d’origine  qui est entre 5 et 10 % démontre que la plupart d’entre elles sont des veuves (bien vrai que dans la sélection des bénéficiaires elles sont prioritaires) et elles sont souvent confrontées à des problèmes d’ordre financier et un manque de soutien en main d’œuvre pour les petits travaux préalables et nécessaires avant la construction notamment  le nettoyage du site d’emplacement de la maison, les corvées d’eau pour la confection des briques et la recherche de complément de rônier. Beaucoup d’entre les femmes devenues les cheffes de ménage, n’ont pas la capacité de faire ce type de travail généralement réalisé par des hommes adultes ou des bras valides qui pour certains sont les victimes du conflit ou ne sont plus présents. D’autre part, certaines de ces femmes étant témoins, victimes ou survivantes et souffrant de traumatisme de viol, d’exécution de proches lors de la crise, leur retour dans le village devient hypothétique voir presque impossible. Le manque d’infrastructures socio de base au niveau des villages d’origine comme les écoles et les postes de santé et souvent la situation d’insécurité évoquée par ces dernières ne favorisent pas leur retour.  En fin, leur intégration dans des associations du milieu d’accueil et les engagements à des postes de responsabilité sont aussi des facteurs de blocage pour le retour, car ces femmes contractent souvent des crédits pour mener des activités génératrices de revenus pour améliorer leurs conditions de vie qui différent de plus en plus à celles de leurs villages d’origines.

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