Indicateur 6 : Accès

Accès à la terre

Les constats de forte prédominance de la pauvreté parmi les femmes, de la faiblesse des activités génératrices de revenus, du faible pouvoir de décision de la femme et de la précarité des conditions de vie en milieu rural ont conduit le gouvernement béninois à faire de la lutte contre la pauvreté dans le milieu rural une priorité nationale. De façon générale, les femmes s’investissent dans de nombreuses activités mais les difficultés auxquelles elles sont confrontées limitent leur potentiel de production aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain. Très peu de femmes sont des entrepreneurs. Les actions du gouvernement pour la promotion de la femme ont consisté en :

  • la prise de dispositions juridiques/réglementaires régissant le domaine
  • la loi n°2013-01 du 22 avril 2013 portant Code foncier et domanial en République du Bénin ;
  • la mise en œuvre du projet d’autonomisation socio-économique des jeunes et des femmes du Plan stratégique de relance du secteur agricole (octobre 2011) et du Plan de relance de la croissance économique.

Les actions mises en œuvre dans le domaine de l’autonomisation économique en vue de la réduction de la pauvreté sont :

  • le renforcement des capacités des femmes sur leur droit d’accès au foncier ;
  • l’appui technique aux groupements des femmes rurales et des jeunes filles artisanes ;
  • l’équipement des groupements des femmes pour la transformation des produits agricoles ;
  • le renforcement des capacités de gestion des entreprises et le management en entreprenariat

La mise en œuvre de ces actions ont permis au Fonds d’appui aux activités agricoles rurales (FAAR) d’impacter 1.541 personnes dont 926 femmes soit (60%) des bénéficiaires. De même, 1 766 996 micro crédits ont été mis en place par le Programme de micro crédit aux plus pauvres dont 95% de bénéficiaires sont des femmes et 345 Associations villageoises d’épargne et de crédits (AVEC) mises en place. Elle a contribué à améliorer le pouvoir d’achat des femmes et leur accès aux crédits. Mais ces efforts sont mis à mal par la persistance des violences basées sur le genre.

Les défis à relever dans un contexte où les femmes continuent d’être victimes des inégalités diverses dans l’accès aux ressources de développement à cause de leur statut traditionnel qui résiste aux effets des changements socio-économiques, sociopolitiques et socioculturels, la résolution de la question de l’égalité et de l’équité demeure une préoccupation majeure. Pour ce faire, il faut :

  • Renforcer la perception sociétale sur les droits des femmes au foncier ;
  • Réduire la pauvreté féminine ;
  • Relever les capacités entrepreneuriales des femmes ;
  • Œuvrer pour l’application de la législation en vue de garantir les droits des femmes à la terre et à la propriété ;
  • Réduire sensiblement les violences basées sur le genre ;

Accès aux financements et au crédit

Le gouvernement a revu à la hausse, les fonds alloués dans le cadre du Programme de micro crédit aux plus pauvres (décret numéro 301-2006 du 27 juillet 2006). Cela s’est traduit par :

  • La mise en place de 1.766.996 microcrédits aux plus pauvres dont 95% de bénéficiaires sont des femmes et 345 Associations villageoises d’épargne et de crédits (AVEC) s’investissant dans les activités génératrices de revenus,
  • Le renforcement des capacités des femmes en vue d’une meilleure gestion et pour le leadership dans le domaine de l’entreprenariat, ce qui a contribué à améliorer le pouvoir d’achat des femmes et leur accès aux crédits.

Cependant l’on peut toujours constater:

  • Une forte prédominance de la pauvreté parmi les femmes, la faiblesse des activités génératrices de revenus,
  • Un faible pouvoir de décision de la femme et de la précarité des conditions de vie en milieu rural.

Accès à l’éducation

Ces dernières années, d’importantes mesures ont été prises pour l’amélioration du taux de scolarisation/fréquentation des filles. On peut citer entre autres :

  • La prise en charge par le gouvernement de la promotion de la scolarisation à l’enseignement primaire,
  • L’élaboration de la politique nationale de promotion de la scolarisation des filles,
  • La mise en place d’une politique de gratuité de la scolarisation de tous les enfants au niveau primaire et des filles au secondaire ;
  • La recherche sur les facteurs socioculturels qui favorisent ou non la scolarisation des filles,
  • La création de cantines scolaires,
  • La création de lycées pour les jeunes filles dans tous les départements, l’octroi de primes et de bourse aux meilleures élèves filles

Ces mesures ont favorisé l’accroissement du taux brut de scolarisation des filles et la réduction de l’écart fille – garçon à l’enseignement primaire. Dans l’enseignement primaire, le taux net de scolarisation s’est amélioré, passant de 88,5% en 2009 à 97% en 2013 avec une réduction de l’écart entre les filles et garçons (de 3 points). Le taux d’achèvement est en progression (71%). Le Projet de renforcement de capacités dans le secteur de l’Éducation (Pro-Educ) au Bénin vise à améliorer la qualité de l’éducation dans l’enseignement primaire et promouvoir un accès équitable à l’éducation. Avec le soutien du Partenariat mondial pour l’éducation, le Bénin a développé depuis 2007 l’accès à l’éducation dans les zones isolées grâce à différentes interventions. Entre 2009 et 2011, la proportion de jeunes inscrits à l’université a augmenté de 10 % à 12 % des 18-25 ans, l’un des ratios les plus élevés en Afrique de l’Ouest.

Nous pouvons aussi mentionner l’Arrêté n° 016/MESTFP/DC/SGM/DAF/SCC/SA/011SGG17 du 21 février 2017 portant appui financier de l’État à la scolarisation des filles inscrites dans les filières des sciences et techniques industrielles des Lycées techniques et industriels.

Les structures étatiques en coopération avec les organisations non gouvernementales du domaine appuyées par les partenaires techniques mènent la sensibilisation; le programme «Toutes les filles à l’école» de l’UNICEF et le programme «Fille pour fille». Ce qui a permis d’obtenir de meilleurs résultats. 22 % des dépenses de l’État ont été consacrées à l’éducation en 2013, soit 5 % du PIB. En 2014, lors de la Conférence de reconstitution des ressources du GPE, le gouvernement du Bénin s’est engagé à maintenir les dépenses d’éducation à 27% (dont 50% destinées à l’enseignement primaire) entre 2014 et 2018. En 2015, les dépenses publiques s’élevaient à 4,4 % du PIB, selon l’Institut de l’UNESCO pour les statistiques.

Le programme attaqué en 2013 a deux goulots d’étranglement majeurs autour de la scolarisation des enfants marginalisés : celui de l’absence d’information fiable à leur sujet et de la faible capacité des structures déconcentrées dans la gestion de l’information éducative. Le défi majeur dans le domaine de l’éducation reste le maintien des filles dans le système éducatif. Ce maintien est souvent compromis par:

  • La pauvreté de la famille,
  • Les mariages forcés,
  • Les grossesses précoces.
  • Les enjeux liés à l’inégalité de genre
  • Les abus sexuels
  • Les difficultés d’accès aux ressources qui limitent leur potentiel de production aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain.
  • L’analphabétisme des femmes et non accès à l’information;
  • Le manque d’autonomisation et d’indépendance des femmes;

Accès à la santé

Pour donner aux femmes les moyens de vivre en meilleure santé, plusieurs politiques et stratégies ont été mises en œuvre au Bénin :

  • La promotion des mutuelles de santé au niveau des communes;
  • Le développement d’une offre sanitaire de référence par la mise en place des hôpitaux de zone, le renforcement qualitatif des ressources humaines, la sécurisation des médicaments et des produits à moindre coût;
  • En 2012, le ministère de la Santé a introduit un Régime d’assurance maladie universelle facultatif (RAMU) qui a été adopté et rendu obligatoire en décembre 2013
  • Amélioration de la santé de la mère et de l’enfant;
  • En 2013, le gouvernement du Bénin s’est fixé comme objectif de doubler la prévalence de la contraception moderne, en la portant à 20% à l’horizon 2018. Il a entrepris à cette fin de vastes campagnes d’information et de sensibilisation et une meilleure intégration de la planification familiale dans les autres services de santé reproductive.
  • Disponibilité continue des médicaments antirétroviraux pour les personnes vivant avec le VIH et des antibiotiques spécifiques contre la tuberculose;
  • Institutionnalisation de l’assurance maladie universelle;
  • Maintien du dialogue social avec les partenaires sociaux;
  • La lutte contre le paludisme avec la prise en charge gratuite des femmes enceintes et des enfants de 0 à cinq (5) ans ;
  • La distribution gratuite de moustiquaires imprégnées aux ménages.

Les femmes béninoises ont un accès extrêmement limité aux services de santé à cause de plusieurs facteurs :

  • Niveau d’instruction peu élevé ;
  • Faible pouvoir de décision dans les différents domaines de la vie ;
  • Non contrôle de leur santé sexuelle et de la reproduction etc. ;
  • Inadéquation des services de santé offerts avec la culture du milieu d’une part et les besoins spécifiques des femmes d’autre part;
  • Accès limité aux services de planification familiale;
  • Une pratique en hausse des avortements parfois clandestins et réalisés dans des conditions pouvant mettre en danger la sécurité de la mère.
  • Les nouvelles mesures de gestions mises en place par le Gouvernement contribuent à la réduction des malversations financières.
  • Les hôpitaux manquent de personnel en nombre suffisant.

Accès à la propriété

Accès aux média

Contrôle et bénéfices

Afficher en French FR English EN Portuguese PT