Indicateur 3 : Participation et égalité Femme Homme

Participation politique (présence et responsabilités dans les partis politiques, élues nationales et départementales, lois et quotas, etc.)

Le pouvoir « des hommes qui décident » se fonde sur le suffrage des femmes qui constituent les bases naturelles des partis politiques où elles reproduisent la configuration de leurs réseaux de regroupement traditionnel. Lors de la présidentielle de février-mars 2000, le Sénégal enregistrait avec Marième WANE LY, Secrétaire générale du Parti pour la Renaissance Africaine (PARENA), la première candidature féminine de son histoire qui se retirera finalement de la course.

En 2012, la styliste Diouma DIENG DIAKHATE et le Professeur Amsatou SOW SIDIBE étaient les seules femmes candidates à l’élection présidentielle. Cette poussée politique fut également marquée par l’instauration de la loi de la parité en 2010 garantissant aux femmes 50% pour les mandats électifs électives et semi-électifs. A titre d’illustration, on note que le parlement sénégalais actuel comprend 43% de députées pour un total de 150 membres.

En 2019, les trois femmes candidates à l’élection présidentielle sont toutes recalées du fait d’une nouvelle disposition légale conditionnant la validation de toute candidature à un parrainage citoyen. Ainsi, les femmes qui pourtant sont majoritaires sur le fichier électoral n’ont pu avoir aucune de leurs consœurs sur la ligne de départ pour ces élections à venir.

La situation des femmes en politique a connu une importante évolution ces dernières années. Cet évolution positive peut s’expliquer par plusieurs facteurs comme la scolarisation, l’accès aux services sociaux de base, l’existence d’un cadre juridique et institutionnel en faveur de la participation des femmes dans les sphères décisionnelles et le plaidoyer constant des organisations de défense des droits des femmes.

Au fil des années, les femmes se sont « bonifiées », elles ont acquis plus de responsabilités dans les partis même si elles restent encore confinées dans le ghetto des « Mouvements de Femmes ». Au niveau des appareils politiques, peu d’entre elles occupent des postes stratégiques qui sont de fait, monopolisés par les hommes. A de rares exceptions près, toutes les femmes siégeant dans les bureaux politiques y sont au titre de responsables des Commissions ou Sections féminines. Dans le gouvernement, la tendance n’est pas différente, elles occupent depuis toujours des fonctions proches de celles qui leur sont naturellement dévolues par la société.

  • Au niveau du gouvernement : en 2020, sur trente-trois (33) ministres et ministres délégués, on compte sept (7) femmes, soit 21,21%.
  • Au niveau de l’Assemblée nationale, de 22 % de femmes députés en 2007, le taux est passé à 43.3 % avec la dernière législature (2017-2022). Le Bureau est globalement paritaire avec une alternance de sexe des vice-présidents, des secrétaires élus et des questeurs.
  • Au niveau du Conseil économique social et environnemental : en 2020, on y comptait 24 femmes et 96 hommes parmi les 120 conseillers, soit respectivement 20,0 % et 80,0 %. 
  • Au niveau du Haut conseil des collectivités territoriales : la présence des femmes au niveau du HCCT demeure faible (51 femmes sur un total de 150 soit 34 %). Elles représentent respectivement 38,80% des élus et 27,10% des nommés. Ainsi, l’application du principe paritaire sur la liste des élus nommés permettrait de renforcer la participation des femmes dans cette instance de la gouvernance territoriale. Dans ces organes, les femmes représentent en 2020 45,5% des membres du bureau et seulement 21% en ce qui concerne les Bureaux des commissions techniques. La présidence est assurée par une femme.
  • Le taux de présence des femmes dans le gouvernement est aujourd’hui de 20% alors qu’il était de 40% en 2002. Durant ces trois décennies, le pourcentage de femme dans le gouvernement varie entre 10 et 20%.

Cette faible présence des femmes dans l’attelage gouvernemental et leur quasi-absence dans les départements ministériels de souveraineté (Intérieur, Forces armées, Justice) est une tendance lourde à renverser pour assurer le droit à la participation politique aux femmes et rendre effectif le principe constitutionnel « d’égal accès aux mandats et fonctions ». Notons toutefois la nomination depuis 2019 de Aissata Tall Sall au poste de ministre des Affaires étrangères, un poste de souveraineté.

Lois et quotas

La loi sur la parité votée le 14 mai 2010 par l’Assemblée nationale sénégalaise stipule que la moitié des candidats de chaque parti doit être des femmes. Elle a été adoptée par le Sénat le 19 mai et promulguée le 28 mai 2010. Grâce à elle, le Sénégal a vu la proportion des femmes élues doubler. Le 1er juillet 2012, 64 femmes ont été élues à l’Assemblée sur 150 députées, soit 42,7%, ce qui place le pays au sixième rang dans le monde, après le Rwanda (63,4%), Andorre (50%), Cuba (48,9%), la Suède (44,7%) et les Seychelles (43,8%). Ce tournant décisif dans l’histoire du Sénégal est le fruit de la lutte de plusieurs générations, arrivée à maturité.

D’ailleurs, la dernière, treizième législature du Sénégal (2017-2022) connait un taux de 43,03%  de femmes soit, 71 femmes sur 165 députés.

Au Sénégal, le pourcentage de femmes maires et présidentes de conseil départemental demeure très faible. Selon les statistiques, il y a 15 femmes maires sur 557, soit un pourcentage de 2,69 % et deux femmes présidentes de conseil départemental sur 45, soit 4,44 %. Il faut cependant constater qu’il y a eu des avancées, lors des élections locales de juin 2014. Le taux national de présence des femmes dans les collectivités locales a connu une évolution, cette année-là, comparée aux élections de 2009. Le pourcentage est passé de 15,9 % en 2009, à 47 % en 2015, soit 14 000 femmes sur 29 787 élus.

Participation aux instances de décision, nomination et discrimination positive

En matière de  participation des femmes aux instances de décision, on note une amélioration de la représentation des femmes dans les différentes instances électives et semi électives. Ceci est favorisé par la loi sur la parité qui a permis d’avoir  une représentation de 42% des femmes à l’Assemblée nationale. On  note également une représentation aussi élevée des femmes dans les collectivités locales, notamment en tant que conseillères. Cependant il faut noter quelques défis relatifs à la persistance des stéréotypes en matière de genre qui bloque le positionnement des femmes dans les hautes instances de décision et dans les sphères politiques. Les femmes qui ont les connaissances, les compétences pour être en politique, la plupart du temps aussi, rechignent à s’engager en raison des sacrifices que cela demande : moyens financiers considérables, le risque de se discréditer et la disponibilité.

Participation aux initiatives de paix et aux instances de promotion de la cohésion sociale

Le Groupe de Travail Femmes, Paix et Sécurité en Afrique de l’Ouest a été mis en place le 29 avril 2009. Ce groupe est l’aboutissement d’une série de réunions et de réflexion, initiées par le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), entre 2007 et 2009, sur la mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000) en Afrique de l’Ouest. La Résolution du Conseil de sécurité 1325 (2000) souligne l’importance d’une pleine participation active des femmes, à la prévention et au règlement des conflits ainsi qu’à l’édification et au maintien de la paix.

« Le GTFJPS-AOS est une plateforme pour accompagner et coordonner les initiatives des pays pour la mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité ». c’est un «  un mécanisme de référence en matière de partage d’information, de connaissances, d’expériences, de bonnes pratiques, de leçons apprises, d’analyse, de suivi et d’évaluation des efforts des pays et acteurs pour la mise en œuvre effective des Résolutions 1325 (2000) et suivantes du Conseil de Sécurité dans la région. » Ce groupe a donc le « rôle principal de créer une synergie et une coordination des actions tout en accompagnant ses membres, dans leurs efforts de mobilisation de ressources en vue d’exécuter des activités au niveau national, conformément à leur mandat opérationnel ».

Au Sénégal, en particulier en Casamance, les organisations féminines sont actives au niveau informel pour contribuer aux efforts de paix et de reconstruction, mais leur influence et leurs actions demeurent très limitées, notamment vis-à-vis des autorités gouvernementales et étatiques. La Plateforme des Femmes pour la Paix en Casamance est une organisation régionale qui contribue à la recherche de la paix dans la région du Sud du pays secoué par une rébellion il y a plus de 35 ans. Son rôle est de favoriser le dialogue entre les communautés et les autres parties prenantes (Etats, MFDC, les autres organisations de la société civile pour une paix durable en Casamance).

Au Sénégal, des institutions travaillent sur la cohésion sociale : le Haut Conseil du Dialogue Social dirigé par Madame Innocence Ntap Ndiaye et le Conseil économique, sociale et environnemental, le Haut Conseil des Collectivités Territoriales ; elles sont appuyées par des organisations de la société civile établie dans des cadres comme Ettu Jàmm.

Elles ont pour rôle de favoriser le dialogue et de travailler dans la prévention des conflits sociaux en travers des alertes (les rapports qu’elles produisent, ce sont des instances de consultations que l’exécutif sollicite dans ses prises de décisions. On note une forte présence des femmes dans ces institutions deux d’entre elles étant dirigées par des femmes.

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