Indicateur 3 : Participation et Egalité Femme/Homme

Participation politique (présence et responsabilités dans les partis politiques, élues nationales et départementales, lois et quotas, etc.)

Au Tchad, la scène politique nationale reste largement dominée par les hommes depuis l’accession du pays à la souveraineté nationale en 1960. Dans le paysage politique national, peu de femmes président aux destinées des formations politiques (seulement 02 femmes cheffes de partis politiques représentés à l’Assemblée nationale).

Il faut relever la sous-représentation des femmes dans les instances de gouvernance politique et administrative, tant au niveau des institutions nationales que des collectivités territoriales décentralisées. Au sein du Gouvernement de Transition formé en date du 02 mai 2021 à l’entame de la transition politique en cours, on dénombre 07 femmes ministres sur les 31 membres du gouvernement. Un pourcentage qui est loin de témoigner d’une implication profonde des femmes dans les hautes sphères gouvernementales. Par ailleurs, il est à noter que les femmes sont toujours à la tête des ministères les moins influents. Le même constat est fait au niveau des instances locales où sur un total vingt-deux gouverneurs de Province du pays, seule deux femmes y sont incluses, pourtant la portée du pouvoir locale et son impact dans la promotion de l’émancipation des femmes sont importants pour un pays qui compte plus de 50% de femmes dans sa population totale, avec une forte proportion de populations rurales.

La dernière législature a vu l’élection de 28 femmes parlementaires sur un total de 188. Au niveau local, les dernières élections municipales en date (2011) ont donné lieu à 133 femmes élues locales (Conseillères municipales) et 42 femmes élues maires. Il se pose ici un problème d’implication effective des femmes en amont des échéances électorales, mais aussi celui de l’engagement politique de ces dernières de moins en moins portées vers des questions politiques au niveau provincial.

Enfin, la transition politique en cours dans le pays a conduit à la création d’un Conseil national de transition qui remplace le Parlement dissout en mai 2021. Dans cette instance qui compte 93 membres, 31 femmes ont pris place, soit un pourcentage de 33%. Cette représentativité respecte l’esprit de la loi N°022/PR/2018.

Par ailleurs, force est de constater que la participation de la femme, une fois actée, ne s’inscrit par dans le temps au regard des nominations et révocations souvent constatées dans les institutions nationales, ce qui ne permet pas l’émergence d’une dynamique profonde de l’émancipation des femmes tchadiennes

En effet, l’activisme dans la société civile a été le moyen par lequel les femmes se sont engagées dans le processus démocratique du pays pour mieux promouvoir et protéger leurs droits (Cellule ACTION-FED, Ministère du Plan et de la Coopération internationale, 2014).

Participation aux instances de décision, nomination et discrimination positive

Plusieurs décisions du gouvernement tchadien s’inscrivent dans la logique d’une politique de discrimination positive à l’égard des femmes afin d’assurer leurs bien-être et corriger les inégalités constatées.

La Politique national Genre a ensuite été élaborée par la création d’un Comité technique (CTC) par arrêté N° 037/PR/MASF/SG/05 du 08/08/2005 et le Comité multisectoriel (CMS) en 2007 par arrêté N°2941/PR/PM/MASSNF/SG/DPFIG/07 du Premier ministre, qui ont pour mandat principal d’appuyer l’élaboration de la Politique nationale Genre. Cette démarche participative a impliqué les représentants des ministères et/ou secteurs clés, la société civile, et des partenaires au développement. Ceci, pour obtenir une plus grande adhésion et/ou consensus des principaux acteurs pour garantir une mise en œuvre efficace.

Participation aux initiatives de paix et aux instances de promotion de la cohésion sociale

Au lendemain de la disparition tragique du Président Idriss Deby Itno en avril 2021, le Tchad s’est engagé dans une transition politique. La Feuille de route élaborée pour la circonstance inclut des opposants en exil y compris les rebelles, afin de ramener le climat de paix et de cohésion sociale. C’est à ce titre qu’il est créé un Comité d’organisation du dialogue national inclusif composé de 71 membres dont 14 femmes, soit un pourcentage de 19,71%. De plus, cette structure est complétée par une branche appelée Comité technique spécial relatif à la préparation de la participation des politico-militaires au dialogue national inclusif, composée de 28 membres dont on ne dénombre que 02 femmes, soit 7,14%. Ces chiffres sont en-dessous du quota accordé par le gouvernement au terme de la loi 022 précitée. Une autre expérience est celle de la création  par les organisations de la société civile, des pools de médiatrices, des parajuristes et ambassadrices de la Paix qui sont des relais dans les communautés, les écoles, les lycées et les universités. La tenue du forum des Femmes leaders qui a regroupé les femmes responsables des 23 provinces a pour objectif principal de sensibiliser les femmes sur l’importance de leur rôle dans le processus de transition et recueillir leur avis sur les questions inscrites à l’ordre du jour.

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