Indicateur 3 : Participation

Participation politique (présence et responsabilités dans les partis politiques, élues nationales et départementales, etc.)

D’après l’Union interparlementaire, au 1er novembre 2015, le Bénin fait partie des pays les moins bien classés, les femmes au parlement ne représentant que 7,2%. La représentation des femmes aux instances politiques a connu une amélioration sensible dans le Code électoral de 2019 à la faveur de la révision de la Constitution. Le nombre de députés est porté de 83 à 109 sièges dont 24 par circonscription électorale. Seules les listes, ayant recueilli au moins 10% des suffrages valablement exprimés au plan national, sont éligibles à l’attribution des sièges.

Au Bénin, il n’existe pas de mesures spéciales temporaires des quotas, des sièges réservés aux femmes, des indicateurs et des objectifs précis visant à promouvoir la participation des femmes et leur accès à des postes à responsabilités. Somme toute, il n’existe pas encore au Bénin en termes de représentativité des femmes à des postes à responsabilités, des mesures visant à garantir que toutes organisations, telles que les partis politiques et les organisations syndicales, qui pourraient ne pas être directement soumises à des obligations dans ce domaine en vertu de la CEDAW ne discriminent pas contre les femmes. Mais comme avancée, le Bénin vient d’élaborer sa Politique nationale de promotion du Genre dans les opérations de paix dotée d’un plan d’action dont la validation est imminente.

Participation aux instances de décision

Le taux de représentation des femmes dans les instances de prise de décision reste très faible.Au premier semestre 2017, 8,4 % des membres de l’Assemblée nationale sont des femmes, 4,4 % au niveau des conseils communaux, et 14,2 % au niveau du Gouvernement. Au niveau de l’ensemble des Conseils communaux, quatre femmes ont été élues maires pour la mandature en cours depuis 2015. Le taux de représentativité des femmes est passé de 4,59 % en 2013 à 4,80 % en 2016 (PND, 2018 – 2025).

En avril 2019, le Bénin a organisé des élections législatives non inclusives où aucun parti de l’opposition ne s’est présenté en dehors des deux blocs de partis de la mouvance présidentielle (Bloc Républicain et Union Progressiste). L’analyse des données révèle que :

    • Sur 48 premiers titulaires des listes des deux partis ayant participé, seules 03 femmes soit 6,25% ont été promues.

    • Sur 166 titulaires prévus dans les 24 circonscriptions électorales, 15 femmes ont été positionnées, soit un taux de 9%.

    • 34 femmes candidates titulaires et suppléantes confondues ont pris part aux élections de 2019 face à 298 hommes soit 10% du taux de participation.

En 2022, nous en sommes à:

  • 05 femmes ministres sur 24
  • Une femme présidente des institutions de la République
  • 06 femmes au parlement sur 82
  • 04 femmes Maires sur 77
  • 02 femmes Préfets sur 12

Au total, les femmes, malgré la reconfiguration des partis politiques, avec la réforme du système partisan n’ont pas pu améliorer leur taux de participation (S. ALITONOU et M. DEDJI, 2018). L’implication des femmes en politique est loin d’être un acquis démocratique au Bénin. Conscient de cette faible représentation des femmes, une proposition de loi sur «l’égal accès de l’homme et de la femme aux postes électifs et administratifs » a été introduite à l’Assemblée nationale pour étude. Mais en février 2013, cette loi n’a pas pu être adoptée. Son étude à l’Assemblée nationale fut reportée sine die par les députés.

La synthèse et l’analyse des données statistiques recueillies auprès des différents départements ministériels du pays montrent une évolution en dents de scie de la proportion des femmes dans les instances de prise de décision. Ceci provient du fait qu’il n’existe aucun texte officiel qui favorise la représentation des femmes à divers postes de décision pour assurer de hautes responsabilités au sein de l’administration publique béninoise et dans les fonctions électives. La faible participation des femmes à la vie politique est alors notoire et la réforme électorale de 2017 n’a pas réellement pris en compte les besoins spécifiques des femmes. Aujourd’hui la société civile s’acharne à promouvoir l’égalité entre hommes et femmes en politique. Elle mène des activités d’incitation des femmes à être présentes sur les listes de candidature et surtout pour leur meilleur positionnement sur les listes électorales. Dans le domaine de la participation à la vie publique et politique, il existe un gap profond entre les textes, les promesses et la réalité bien que le Bénin en plus de la CEDEF soit partie prenante à la Déclaration solennelle des chefs d’État africains sur l’Égalité entre les hommes et les femmes qui consacrent le Principe de la parité.

Participation aux initiatives de paix

Le Bénin est Etat partie au plan international à la Résolution 1325 des Nations -Unies qui demande la pleine participation et représentation des femmes au processus de paix y compris la prévention, la gestion et le règlement des conflits et la reconstruction post-conflit en Afrique. Dans ce cadre, une Politique nationale de promotion d’une approche sensible au genre dans les opérations de maintien de paix a été élaborée en 2012.

Si aujourd’hui on constate une légère amélioration du cadre institutionnel dans le domaine (élaboration d’une politique, regain d’intérêt pour l’élaboration d’un plan d’action pour la mise en œuvre de la 1325, légère accroissement de l’effectif des femmes dans les opérations de paix), on ne saurait dire que la participation de la femme aux missions de paix contribue à l’établissement d’une égalité entre les genres. Pour le moment, l’objectif principal poursuivi est de rendre effective la participation des femmes aux missions et d’accroître progressivement leur effectif. Le caractère spécifique du métier des armes ou de maintien de la paix limite parfois la promotion des femmes. Les tentatives actuelles sont encore fragilisées par les contraintes physiques et physiologiques de la femme, les rôles sociaux de la femme et les contraintes psychologiques liées aux activités militaires. La faible dissémination des informations relatives au genre dans l’armée ne permet pas de suivre et d’avoir de la prévisibilité dans la promotion du genre dans les forces armées et para militaires. Les grands défis en matière de participation et à la représentation des femmes dans les missions de paix consistent pour le gouvernement à améliorer le dispositif juridique, à assurer la visibilité des femmes au sein de tous les corps de l’armée, à adopter une loi définissant les conditions et modalités de la participation des troupes béninoises dans les opérations de paix et à élaborer le plan d’actions national sur la Résolution 1835 des Nations – Unies.

Participation aux instances de promotion de la   cohésion sociale

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