Indicateur 2 : Dispositif et agencement institutionnel

Dispositif institutionnel existant

Pour donner corps à son engagement en faveur des droits de la femme, la Côte d’Ivoire a mis en place un dispositif institutionnel qui se traduit notamment par l’existence d’un Ministère de la famille, de la Femme et de l’Enfant, régi par le décret n°2019-1010 du 04 décembre 2019 portant organisation et attributions des différents services dudit Ministère. Il y a également l’Observatoire National de l’Équité et du Genre – ONEG créé par le décret n° 2019-592 du 03 juillet 2019. Cette organisation a pour mission, entre autres, de veiller au respect de l’équité et de l’égalité entre les hommes et les femmes, d’élaborer des rapports nationaux périodiques sur l’avancement vers l’égalité des sexes et de formuler des recommandations relatives à la promotion du genre.

 Si le dispositif institutionnel ne permet pas de douter de la volonté des autorités ivoiriennes de promouvoir les droits de la femme, les impacts eux, tardent à se faire sentir. La question du genre et celle de l’autonomisation des femmes restent encore mitigées. En effet, les femmes sont encore très minoritaires et sous-représentées dans divers domaines. Au niveau ministériel actuellement, elles ne sont que 08 femmes sur un total de 41 membres du gouvernement. À l’Assemblée nationale, elles sont à peine 30 sur 225 députés. À la tête des mairies, il n’ y a que 10 femmes sur 197. Dans le corps enseignant, on dénombre 44144 femmes sur un total de 160116 enseignants. Tout porte à croire que des mesures supplémentaires seront nécessaires pour parvenir à l’égalité des sexes prônée par les autorités ivoiriennes. L’analyse des données sur le genre en Côte d’Ivoire montre que la prise en charge de cette problématique ne devra pas être perçue uniquement sous l’angle de la ratification des conventions internationales. Il faudrait s’appuyer sur une approche multidimensionnelle : économique, sociale, politique, culturelle et psychologique.

Agencement institutionnel : directions, agences, observatoire, etc. : ossature et pertinence

Pour assurer l’engagement du Gouvernement ivoirien en faveur des droits de la femme, le Ministère de la famille, de la Femme et de l’Enfant (MFFE) assure la mise en œuvre et le suivi de sa politique de protection de la famille, de la femme et de l’enfant, en coordination avec les ministères techniques ayant des activités sectorielles en faveur de la promotion de la femme. Le MFFE est donc l’instrument du Gouvernement chargé de veiller à l’égalité entre les sexes et à la démarginalisation des femmes. Plusieurs activités de renforcement du pouvoir économique et social des femmes sont menées par les différentes directions du MFFE. Par ailleurs, avec la création de l’Observatoire National de l’Équité et du Genre – ONEG par le décret n° 2019-592 du 3 juillet 2019, la Côte d’Ivoire se dote ainsi d’un outil spécifique visant à identifier les inégalités sous-jacentes au genre et à les corriger. La mise en place de cet observatoire était l’une des recommandations du projet de la BAD réalisé en 2015 sur le profil genre en Côte d’Ivoire. Ce projet avait mis en évidence les disparités de genre existantes et proposé des voies et moyens de résolutions.

Malgré l’existence d’un dispositif institutionnel de promotion des droits de la femme, qui implique le Ministère de la famille, de la Femme et de l’Enfant, des directions, un observatoire etc., ces différentes entités institutionnelles devront faire la preuve de l’efficacité de leur agencement. Pour l’heure, comme le relève le rapport 2015 de la BAD relativement au projet «profil genre en Côte d’Ivoire », il y a un déficit de synergie dans les actions institutionnelles. Par ailleurs, note le rapport, dans les principaux débats politiques ou parlementaires, force est de constater que l’on ne mentionne pas systématiquement les préoccupations des femmes.

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